Le nombre de trains en service sur la ligne à grande vitesse entre Madrid et Séville va être réduit dans l'attente d'un audit du système de sécurité LZB et de la mise en place du système européen de signalisation et de contrôle de vitesse (ERTMS), a annoncé mardi le ministre espagnol des Transports.
Cette décision fait suite à la collision survenue sur cette même ligne le 28 octobre à hauteur d'Urda, en Castille-La Manche, entre deux trains. Une catastrophe imputée à une erreur humaine qui a fait 69 morts et plongé le gouvernement socialiste dans la tourmente pour l'incurie présumée de la gestion et de l'entretien du réseau ferré national.
Inaugurée en 1992, la LGV entre Madrid et Séville est équipée d'un système de sécurité, LZB, qui gère l'intervalle entre les trains. Le jour de l'accident, une panne informatique a entraîné une rupture du système et en conséquence un arrêt du trafic sur un tronçon d'une soixantaine de kilomètres - en l'occurrence six trains.
Un train de la compagnie nationale Renfe autorisé à repartir en marche normale par le centre de contrôle de l'Adif, le gestionnaire du réseau ferré, a ensuite percuté par l'arrière un train Iryo à l'arrêt sur cette même ligne, alors qu'il roulait à une vitesse estimée entre 160 et 200 km/h.
Le ministre des Transports Óscar Puente, qui refuse de présenter sa démission face aux appels en ce sens de l'opposition, a invoqué une erreur humaine. Il devait être entendu à partir de 17h00 par les députés espagnols.
Lors d'une conférence de presse, il a présenté mardi une série de mesures de sécurité, dont l'obligation d'une "marche à vue" de 40 km/h maximale pour les conducteurs de train en cas de défaut du système de signalisation, promis des embauches et une amélioration des conditions de travail dans les centres de contrôle ferroviaire.
Le système européen de gestion du trafic ferroviaire (en anglais ERTMS) sera en outre appliqué, a-t-il déclaré, alors que les pouvoirs publics espagnols sont en retard sur le calendrier de déploiement.
Ce standard communautaire, qui vise à harmoniser les règles et la signalisation des réseaux ferrés européens, vise également à contrôler en continu la vitesse des trains.
Óscar Puente a précisé en outre que le gouvernement avait décidé d'impliquer un agent IA dans le système ferroviaire national afin de "détecter des anomalies et de contrôler" les conversations entre les conducteurs de train et les contrôleurs afin de minimiser le risque d'erreur humaine.
"Nous n'avons pas connaissance d'un autre système ferroviaire qui utilise cette technologie. Nous sommes les premiers à emprunter ce chemin", a-t-il dit.
(Reportage David Latona, Victoria Waldersee et Emma Pinedo, version française Sophie Louet)

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